Urbanisme et habitat

1. Infrastructures de transport

1.1 Transport routier

D’après les données de la Délégation Régionale du MINTP de l’Est (mai 2022), la Région de l’Est renferme 13 331 kilomètres de routes de liaison à grande distance incluant 1 666 km de routes nationales (RN) dont 653 km (39,2%) de routes bitumées, 1 644 km de routes régionales dont 12,6 km (0,8%) de routes bitumées, 10 021 km de routes communales dont 58 km (0,6%) de routes bitumées. Concernant les routes nationales et régionales, la Région possède 665,6 km de routes bitumées, soit 20,1% du réseau en bitume, et 2 643 km de routes en terre, soit 79,9% du réseau en terre. Cette performance est très inférieure à la moyenne nationale qui se situe à 30,9% de routes bitumées.

Source : Délégation Régionale Est du MINTP, 2021.

Les ratios de desserte de la Région sont respectivement de 122,3 km/1000 km² et 11,6 km/1000  habitants.  Au  niveau  des  routes  revêtues,  les  ratios  sont  respectivement  de  6,6 km/1000 km² et 0,6 km/1000 habitants. Si le deuxième ratio est meilleur par rapport à l’objectif national (0,3 km/1000 habitants), des efforts restent à fournir par rapport au premier ratio qui reste bien inférieur au ratio moyen national. Au cours des quatre dernières années, le linéaire des routes bitumées est passé de 518,1 km à 665,6 km, soit un bitumage supplémentaire de près de 147,7 km de routes ; ce qui traduit également une diminution des routes en terre. Cependant beaucoup de routes restent encore à bitumer car ne représentant que 20% de l’ensemble des routes de la Région lorsqu’on ne prend pas en compte les routes communales qui sont essentiellement en terre. Si l’on inclut les routes communales, l’ensemble des routes bitumées représentent à peine 6%.

Évolution du linéaire des routes bitumées en km de 2019 à 2022

Source : Délégation Régionale Est du MINTP, 2022.

Le réseau des infrastructures de transport routier est très inégalement réparti dans l’espace Régional. Les Départements du Lom-et-Djérem et du Haut-Nyong concentrent la quasi-totalité des routes bitumées (99,8%). Mais cette prédominance est essentiellement due à la position particulière des deux Départements qui sont traversés par les routes d’intérêt sous-régional (RN1 et RN10). Le tableau ci-dessous donne la liste des ouvrages d’art disponibles dans la Région.

Liste des ouvrages d’art disponibles

    Ouvrages d’art réalisés  Tronçons
  1  Construction d’un pont définitif de 8ml au pk20+500  Bouam-Dimako
  2  04 ponts de 12 mlNgoura-Kentzou,   Yokadouma-Bangue, Ampel-Lomié, Kama-Inter-Gbriti-Frirca
  3  01 pont de 12 ml sur la R027Kobi-Mbang-Kagnol
  4  01 pont de 12 mlAbong-Mbang-Lomié
    Ouvrages d’art réalisés  Tronçons
  5  01 pont de 5 ml sur la R029  Nguelemendouka-Doumé-Doumaintang
  6  01 pont sur le fleuve Kadey  Kadey
  7  Bac de GouyoumGouyoum-Wouchaba
  8  Bacs de Kadey et DouméBatouri-Kagnol II
  9  Bac de BibaBiba-Kagnol I
  10  Bac de réhabilitation  Somalomo, Zoubalot, Kentzou, Ngoura

Source : Délégation Régionale Est du MINTP, 2020. (ml = mètre linéaire, pk = point kilométrique, R027 = route numéro 027) Le tableau suivant renseigne sur la liste des routes entretenues et réhabilitées dans la Région

    Routes entretenues et réhabilitées  Longueur (km)
  1Travaux d’entretien courant de la route revêtue Bertoua-Ndokayo, Ndokayo-Garoua-Boulaï, Garoua-Boulaï-Mboussa (Lim Ad) Ndokayo-(Betare-Oya) Ndokayo-badzere, Inter Rn1-Aeoroport  300
  2Travaux d’entretien périodique de la RN10 (Tranche Conditionnelle) Ngoura 2- Ndelele- Yola-gari Gombo-Yokadouma  156
  3Entretien et Réhabilitation de la Route Yokadouma-Bangué- Moloundou  222
  4  Entretien et Réhabilitation de la Route Bangué- Moloundou  143
  5Entretien et Réhabilitation de la Route Bertoua – Deng Deng – Goyoum  102
  6Réhabilitation MEssamena- Somalomo (Stabilisant CON/AID CBR Plus)  57
  7  Entretien courant de la route Lomié-Mepole- Alat-Makay  61,8
  8  Entretien de la route régionale n°5 Batouri-Ngoura-Ndokayo  155

Source : Délégation Régionale Est du MINTP, 2021

La Région de l’Est dispose en 2021 de :

  • •4 stations de pesages, notamment dans les localités de Bagofit, Bonis, Mandjou et Garoua-Boulaï ;
  • 07 postes de péage dans les localités de Mbama, Djaglassi, Bouam, Mandjou, Dokayo, Ngamboula et Garoua-Boulaï ;
  • •Quinze (15) agences de transport que sont : Alliance Voyage, Campost, Danay Express, Dhl, Esico, Gms, Continental Voyage, Mta, National Voyage, Overline, Avenir De La Kadey, Sms, Planette, Solex et Touristique Express ;
  • Un port à MOLOUNDOU

Réseau routier de la Région de l’Est

Source : MINTP, 2022.

1.2 Transport ferroviaire

Le linéaire du réseau des infrastructures de transport ferroviaire de la Région de l’Est est d’environ 80 km. Les différentes gares de chemin de fer opérationnelles sont celles de : Bélabo, Goyoum, Tête d’éléphant et Bitom. Il est constitué d’un chemin de fer métrique à une seule voie et  d’un  écartement  étroit  de  1,10  mètre  de  large.  C’est  une  portion  du  Chemin  de  fer Transcamerounais. Il traverse la partie nord-ouest de cette Région et y dessert trois gares, la gare de Bélabo, et celle de Goyoum. En dehors du Département du Lom-et-Djérem qui est traversé dans sa partie nord-ouest par une portion du transcamerounais sur une distance de 80 kilomètres. Cette situation est d’autant plus déplorable que la Région de l’Est a un réseau d’infrastructures de transport ferroviaire étouffé et inefficace pour évacuer ou acheminer dans les meilleures conditions de rapidité et de confort les personnes et les biens.

1.3 Transport fluvial

La Région de l’Est dispose de 4 fleuves navigables en partie, la Boumba, la Ngoko, le Dja et la Sangha. Cette infrastructure de transport fluvial est utilisée par les trafiquants de toutes sortes pour faire flotter à travers les fleuves Ngoko et Sangha et au-delà à travers le fleuve Congo, les grumes de bois exploités dans les forêts de la Région de l’Est, jusqu’à Brazzaville en territoire congolais. Elle est aussi utilisée par des piroguiers locaux pour transporter les personnes et les biens à travers les fleuves Boumba, Ngoko et Sangha, de la Région de l’Est vers les villes et villages centrafricains et congolais proches de la frontière du Cameroun. Nombre de points de traversées obligés situés le long des fleuves de la Région de l’Est ne disposent pas de ponts. Toutefois, il existe sur certains d’entre eux des bacs soit motorisés soit manuels et des pirogues qui facilitent la traversée aux personnes et aux marchandises.

La Région est encore très faiblement desservie en infrastructures de transport fluvial. La Région ne renferme que quatre courts tronçons de fleuves navigables dont l’exploitation est assurée par des petits entrepreneurs privés pour acheminer du bois et quelques produits de pacotille entre les points de départ et de destination.

1.4 Transport aérien

Les infrastructures de transport aérien public de la Région de l’Est sont constituées de deux aéroports opérationnels dont l’un se trouve à Bertoua et l’autre dans la ville de Batouri. Ces aéroports sont fonctionnels. L’aéroport de Bertoua est situé à 6 kilomètres du centre-ville de Bertoua est doté d’une piste en terre de 1 800 mètres de long et de 45 mètres de large. Il est accessible à des avions légers ou à des avions de type Hercule C-130 dont le décollage court permet des liaisons intérieures de courtes distances. Mis en service au milieu des années 1970, cet aéroport a accueilli son dernier vol commercial en avril 2022. Il faut dire que l’avènement de la crise sanitaire du covid-19 a contribué à baisser fortement l’activité dans ces deux aéroports.

Malgré les faibles équipements, Bertoua demeure un carrefour privilégié pour les flux de communication en provenance des autres Régions et même des pays voisins. Il s’avèrera donc nécessaire à moyen terme de promouvoir le développement de cet aéroport, préférentiellement dans son emplacement actuel. D’ailleurs l’absence d’aéroports de transport public dans cette Région a contraint un certain nombre d’entreprises économiques, notamment forestières à se doter de leur aérodrome privé. Quatre de ces six aérodromes privés sont implantés dans le Département de la Boumba-Ngoko. Cette concentration d’aérodromes privés est liée à la forte présence  des  multinationales  d’exploitation  forestière  et  zones  d’intérêt  cynégétique  et d’écotourisme.

2. Infrastructures hydrauliques et d’assainissement

2.1 Infrastructures hydrauliques (alimentation en eau potable)

Le Département du Haut-Nyong est le mieux pourvu en infrastructures d’hydraulique villageoise, particulièrement pour les puits d’eau équipés de pompes à motricité humaine. Il est suivi de près par  le  Département  du  Lom-et-Djerem  qui  est  le  mieux  fourni  en  forages  à  pompes.  Le Département  de  la  Kadey  possède  également  des  infrastructures.  Arrive  loin  derrière  le Département de la Boumba-Ngoko qui ne possède pas assez d’infrastructures hydrauliques. Toutefois, en termes de couverture de la population, les Départements du Haut-Nyong et de la Kadey sont presqu’à égalité et au-dessus de la moyenne régionale. Par contre le Département de la Boumba-et-Ngoko demeure celui qui est peu pourvu en nombre d’infrastructures pour 1000 habitants.

Les infrastructures de captage d’eau potable sont limitées à six villes : Bertoua, Abong-Mbang, Batouri, Yokadouma, Bélabo et Dimako. La capacité de production ne parvient pas à satisfaire la  totalité  des  besoins  en  eau  potable  des  villes  concernées.  L’effectif  des  infrastructures hydrauliques villageoises est insuffisant dans tous les Départements. D’autre part, les rares sources aménagées existantes manquent d’entretien.

Répartition  des  infrastructures hydrauliques villageoises de  la Région  de  l’Est par Département

    Types douvrage  Départements    Effectif total
  Boumba-et Ngoko  Haut Nyong  Kadey  LometDjérem
  Nombre de forages à PMH  86  371  385  454  1296
  Nombre de puits équipés de PMH  86  379  343  311  1119
  Nombre de bornes-fontaines  96  220  118  130  564
  Total  268  970  846  895  2979
  Population  172 230  293 414  274 869  411 762  1 152 275
  Infrastructures pour 1000 habitants  1,6  3,3  3,1  2,2  2,6

Source : Délégation Régionale Est du MINEE, 2021

2.2 Infrastructures d’assainissement (eaux usées et pluviales)

Ces deux types d’infrastructures n’existent que dans une infime partie des villes de Bertoua, Abong-Mbang et Batouri. Dans ces trois villes, les infrastructures d’assainissement des eaux usées constituées de collecteurs longent les axes bitumés ou en terre de la voirie primaire des centres administratifs et commerciaux. Les infrastructures d’assainissement des eaux pluviales constituées de caniveaux en terre ou bétonnés à ciel ouvert bordent elles aussi les axes bitumés ou en terre.

Il faut néanmoins signaler au niveau de l’assainissement liquide individuel de l’environnement de la Région, la présence de quelques stations d’épuration des eaux au Camp SIC de Bertoua et la base COTCO de Belabo.

2.3 Infrastructures énergétiques

Les infrastructures énergétiques actuellement présentes dans la Région de l’Est sont constituées de centrales de production d’électricité d’origine thermique, de stations de production d’énergie solaire et de chaudières de production d’énergie calorifique (énergie produite à partir de la biomasse). Les centrales de production d’électricité et/ou de chaleur à partir de la biomasse sont toutes le fait des sociétés d’exploitation forestières qui utilisent les rebuts de débitage, du sciage (tronçonnage), et d’équarrissage du bois pour produire de quoi satisfaire leurs propres besoins en énergie. C’est le cas de la Société d’Exploitation Forestière et Agricole du Cameroun (SEFAC) de Libongo, de la Société Forestière et Industrielle de la Doumé (SFID), du Centre d’Études  Biologiques  de  Chizé  (CEBC)  de  Lokomo,  les  deux  premières  implantées  dans  le Département de la Boumba et Ngoko et la dernière dans le Département de la Kadey.

La principale source d’énergie dans la Région provient des centrales thermiques. La Région de l’Est comporte 6 centrales thermiques installées avec des groupes électrogènes. En 2021, le niveau de puissance installée dans les centrales thermiques est de moins de 26 MW. Ces centrales n’étant pas dans leur fonctionnement optimal, seulement 14 MW sont disponibles ce qui ne permet pas de résorber la demande d’énergie électrique. En novembre 2022, la Région de l’Est s’est vue raccordée au réseau Sud d’Ahala à travers la centrale de Mampang, ce qui permet à la Région de réduire sa dépendance aux générateurs thermiques.

Offre/Demande d’énergie

  Départements  Centrales thermiques  Puissance installée (en kw)  Puissance disponible (en kw)  Demande journalière (en kw)
      LOM-ET-DJEREM  Bertoua  17 626  10 600  12 500
  Betare-oya  1 184  850  400
  Garoua-boulaï  3500  1200  1 400
  HAUT-NYONG  Lomie  1 129  398  300
  BOUMBA-ET- NGOKO  Yokadouma  1 772  760  1 100
  Moloundou  706  250  180
  RÉGION   25 917  14 058  15 880

Source : Délégation Régionale Est du MINEE, 2021

Le niveau de desserte de la Région en infrastructures énergétiques est dans l’ensemble très faible. En effet, les centrales thermiques utilisées par l’opérateur de distribution d’énergie ENEO Cameroun pour alimenter les villes de la Région de l’Est sont de faible puissance. Elles ne parviennent pas à offrir aux usagers la quantité d’énergie électrique qui leur est nécessaire. Par ailleurs, elles ne couvrent pas d’une trame suffisante toute la Région.

Le niveau de desserte de la Région en infrastructures de production d’énergie produite à partir de la biomasse est extrêmement faible. En fait, la quasi-totalité des ménages, des services administratifs, religieux, et environ 99,5 % des opérateurs économiques de la Région ignorent encore l’énergie produite à partir de la biomasse. Il en existe seulement dans 4 entreprises d’exploitation forestière spatialement très éloignées les unes des autres.

Les ressources énergétiques de la Région de l’Est du Cameroun sont nombreuses et variées avec la  biomasse  qui  constitue  la  ressource  énergétique  naturelle  la  plus  abondante.  On  peut distinguer la biomasse d’origine ligneuse, les résidus de l’exploitation forestière et les déchets urbains.

En matière d’énergie hydraulique, la Région dispose d’un bassin versant transfrontalier qui englobe une partie du Cameroun, une partie de la RCA et une partie du Congo. Les principaux fleuves qui arrosent cette Région sont : le Dja, la Boumba, la Kadey, la Ngoko, le Lom, le Pangar, le Djerem, le Nyong. Des études ont révélé que ces principaux fleuves disposent d’un potentiel hydroélectrique non négligeable. Ces fleuves sont essentiellement distribués sur deux bassins versants, celui de la Sanaga et celui du Congo qui est transfrontalier.

Quant à l’énergie éolienne, les recherches effectuées dans quelques villes, notamment celles de Batouri, Bertoua, Bétaré-Oya et Abong-Mbang ont indiqué que les vitesses des vents qui y soufflent sont moins favorables à l’installation potentielle des centrales d’énergie éolienne. Les vitesses de vent enregistrées dans quelques villes des départements de Kadey, du Lom-et- Djérem et du Haut-Nyong ne sont pas assez élevées pour favoriser l’installation aisée des centrales éoliennes. Le développement de cette forme d’énergie dans la Région nécessiterait de très gros investissements et par conséquent serait moins rentable pour le développement durable de la Région.

Pour l’énergie solaire, les données satellitaires permettent d’avoir l’irradiation solaire dans quelques localités. Conformément aux études du Laboratoire des Recherche Énergétiques de l’Institut de Recherche Géologique et Minière (IRGM), la moyenne de l’irradiation solaire reçue au niveau du sol sur un plan horizontal à Batouri est de 4392 Wh/m²/jour. Les potentiels enregistrés dans ces localités sont favorables à l’installation des centrales d’énergie solaire. La vulgarisation de cette forme d’énergie contribuerait de manière substantielle à électrifier la Région.

2.4 Infrastructures de télécommunication

La modernisation des infrastructures de télécommunication de la Région se traduit par une pénétration assez remarquable de la fibre optique, sous l’impulsion de deux opérateurs de téléphonie (CAMTEL et NEXTTEL). La répartition par rapport au total dans la Région montre une part importante dans le Lom et Djerem (34%). Cette répartition est actuellement défavorable à la Kadey dont la part est la plus faible (16%).

Répartition de la fibre optique posée par Département à l’Est (km)

    Opérateurs  Départements  Total par opérateur
  Bouba et Ngoko  Lom et Djerem  Kadey  HautNyong
  CAMTEL  100  770  175  392  1 437
    Opérateurs  Départements  Total par opérateur
  Bouba et Ngoko  Lom et Djerem  Kadey  HautNyong
  NEXTTEL  430  0  175  220  825
  Total  530  770  350  612  2 262
  Pourcentage par  rapport  au total  23%  34%  16%  27%  100%

Source : Délégation Régionale Est du MINPOSTEL, 2021.

Les  infrastructures  de  télécommunication  mobile  actuelles  de  la  Région  sont  constituées d’antennes satellites et d’antennes-relais réparties en proportions inégales dans les quatre départements. La répartition des antennes-relais de télécommunication mobile par opérateur montre des disparités d’un opérateur de téléphonie mobile à l’autre. L’opérateur de téléphonie mobile qui détient ou contrôle le plus grand nombre d’antennes-relais est l’opérateur à capitaux sud-africains MTN (73 antennes). Il est suivi de près par l’opérateur NEXTTEL (71 antennes). On retrouve en troisième position l’opérateur à capitaux français ORANGE (55 antennes) et en quatrième et dernière position l’opérateur CAMTEL (37 antennes). Malgré son enclavement, ces opérateurs y déploient un réseau de télécommunication constitué de la 2G et de la 3G. Le linéaire de fibre optique est passé de 735,8 km à 2 262 km entre 2018 et 2021. Cette augmentation  montre  que  des  mesures  sont  prises  pour  fluidifier  le  réseau  et  faciliter  la transmission d’informations et les conversations téléphoniques. Le graphique ci-après présente l’évolution du linéaire de la fibre optique entre 2018 et 2021.

Évolution du linéaire de la fibre optique disponible (en km) dans la Région de l’Est

Source : Délégation Régionale Est du MINPOSTEL, 2021.
Le taux de couverture de téléphonie mobile est de 69,7%. Le Lom-et-Djerem est le Département le mieux couvert (34,3%) tandis que la BOUMBA-et-Ngoko est très faiblement couvert (4,9%).

Le Haut-Nyong et la KADEY sont à peu près couverts au même niveau (respectivement 16,4%

et  14,1%).  D’autre  part,  13  des  33  arrondissements  ne  disposent  pas  de  télécentres communautaires qui permettraient à leurs populations pauvres de communiquer avec le lointain (l’extérieur). La Région se caractérise par une insuffisance quantitative et qualitative des infrastructures de télécommunication fixe. De gros efforts restent pour accroître la connexion des zones et des populations surtout rurales.

2.5 Infrastructures météorologiques

En l’absence de stations météorologiques dans l’écrasante majorité des villes et villages de la Région de l’Est, il est impossible aux opérateurs économiques (agriculteurs, forestiers, exploitants miniers) voire aux touristes de prévoir le temps, saisir les températures, mesurer les quantités de pluies, déterminer les directions et les vitesses de vent, la pression de l’air, et surtout de s’en servir pour planifier leurs activités économiques ou leurs déplacements.

2.6 Modernisation urbaine

Concernant  le  domaine  des  aménagements  urbains,  il  a  été  mis  en  place  des  outils  de planification urbaine à savoir le Plan de Développement Urbain (PDU), le Plan d’Occupation du Sol (POS), le Plan Sommaire d’Urbanisation (PSU).

État des documents de planification urbaine

  Départements  Villes  PDU  POS  PSU
      LOM-ET-DJEREM  Bertoua  Oui  Oui 
  Belabo    Oui
  Garoua-Boulaï    Oui
  BOUMBA-ET-NGOKO  Yokadouma    En cours
  KADEY  Batouri    En cours
  HAUT-NYONG  Doumé    Oui
  Dimako   En cours 

Source : Délégation Régionale Est du MINHDU, 2021

2.7 Patrimoine de l’État (bâtiments publics administratifs)

En 2019, le Département du Lom-et-Djérem abrite à lui seul 43,6 % des bâtiments publics de la Région de l’Est. Celui du Haut-Nyong en abritait 23,5 %, le Département de la Kadey 17,2 % et celui de la Boumba-et-Ngoko 15,7 %. Le Département du Lom-et-Djérem concentre toute la gamme des bâtiments publics présents dans la Région de l’Est. D’un autre côté, les bâtiments existants sont dans leur immense majorité étroits, autrement dit de faible capacité d’accueil, mal aérés, mal ventilés et dépourvus de systèmes de climatisation. Les bâtiments publics administratifs présents dans la Région sont, dans leur écrasante majorité, implantés dans les villes. Le nombre de bâtiments administratifs opérationnels est de 1 697 dans la Région

3. Gestion foncière et domaniale

Entre 2018 et 2021, 1 273 titres fonciers ont été établis dans la Région. Le nombre de titres fonciers  demandés  et  établis  est  croissant  au  cours  de  ces  4  dernières  années.  Dans  le Département du Lom et Djerem plus de titres fonciers ont été établis par rapport à d’autres départements de la Région de l’Est. En 2021, dans ce Département, sur 512 titres fonciers demandés, seuls 354 titres fonciers ont été établis. Il faut dire que la demande de titres fonciers est plus accrue dans ce Département par rapport aux trois autres Départements.

Au 30 Septembre 2022, 213 hommes contre 76 femmes ont obtenu des titres fonciers. La tendance est pratiquement la même en 2021 avec 253 titres fonciers obtenus par les hommes et 86 par les femmes. Ainsi, pour les années 2021 et 2022, trois quarts de titres fonciers ont été obtenus auprès des Services du Cadastre et des Affaires Foncières par les hommes et un quart par les femmes. Le tableau ci-après présente l’évolution du nombre de titres fonciers demandés et établis dans la Région entre 2018 et 2021.

Évolution du nombre de titres fonciers demandés et établis par Département

  Départements  Titres fonciers demandés  Titres fonciers établis  Écarts
  2018  2019  2020  2021  2018  2019  2020  2021  2018  2019  2020  2021
  Boumba-et- Ngoko  15  10  18  21  8  5  10  13  7  5  8  8
  Haut-Nyong  21  60  49  67  11  44  31  47  10  16  18  20
  Kadey  26  80  93  24  18  69  63  16  8  11  30  8
  Lom-et- Djérem  212  412  234  512  166  231  187  354  46  181  47  158
  Ensemble Est  274  562  394  624  203  349  291  430  71  213  103  194

Source : Délégation Régionale Est du MINDCAF, 2021

Il reste important de souligner que l’analyse croisée du nombre de titres fonciers avec les superficies obtenues permet de constater qu’en 2019, une superficie de 2 973 250 m² de titres fonciers ont été établis suivant la procédure d’immatriculation directe, 129 928 m² suivant la procédure de morcellement, 642 789 m² suivant la procédure de mutation.

Statistiques des titres fonciers établis dans les conservations en 2019

    Département  Superficie en m2 des TF obtenus
  Procédure d’immatriculation directe  Procédure de morcellement  Procédure de mutation
  Boumba-et-Ngoko  193 349  889  00
  Haut-Nyong  1 584 153  9 429  6 507
    Département  Superficie en m2 des TF obtenus
  Procédure d’immatriculation directe  Procédure de morcellement  Procédure de mutation
  Kadey  296 382  3 091  358 431
  Lom-et-Djerem  899 366  116 519  277 851
  Ensemble  2 973 250  129 928  642 789

Source : Délégation Régionale Est du MINDCAF, 2021

4. Jeunesse de la population

La jeunesse de la population représente un atout pour la force de travail. Bien formés, ces jeunes représenteraient un capital humain solide et capable de porter significativement la croissance économique.  La  Région  va  bénéficier  du  dividende  démographique  qui  est  la  croissance économique potentielle liée à l’évolution de la pyramide des âges de la population. En effet, l’on suppose que sur le long terme, la proportion de la population active, c’est-à-dire la population âgée entre 15-64 ans, restera supérieure à celle de la population à charge représentée par les autres tranches d’âge. Une fenêtre d’opportunités (population active très prépondérante)  s’ouvrirait  dans  des  conditions  de  diminution  du  taux  de  mortalité  et d’augmentation de l’instruction.

Tableau : Poids des tranches d’âges

Tranches d’âgesNombreRatio (%)
Moins de 15 ans (population à charge)384 33144,7
Entre 15-64 ans (population active)448 36452,1
Plus de 64 ans (population à charge)27 4963,2
Ensemble des populations à charge411 82747,9